Calinothérapie

Parce que ce monde manque de contacts physiques pourtant essentiels à notre bonheur.

Ce site est édité par Fanny Gaye, thérapeute psycho corporel, câlinothérapeute et formatrice en câlinothérapie.

Concept et présentation

La câlinothérapie (ou thérapie par le câlin) est selon la définition du wiktionnaire : un apport de réconfort et de sécurité par un toucher psychoaffectif (gestes lents et doux). Arte a également élaboré un reportage (le pouvoir des caresses) sur ce sujet qui met en évidence la découverte récente des fibres CT, canal de transmission spécifique du toucher émotionnel, distinct du toucher informatif, ainsi que l'effet des contacts émotionnels sur la production d’hormones et l’effet des hormones sur notre état d’esprit et nos relations sociales. Egalement de plus en plus d'articles de référence parlent de ce sujet. La câlinothérapie est en vogue et on comprend bien pourquoi. La câlinothérapie se base sur le principe que le toucher bienveillant peut avoir des effets bénéfiques sur le corps et l'esprit. Elle peut être utilisée dans divers contextes, notamment dans les soins de santé, les soins palliatifs, la gestion du stress, la relaxation, la communication non verbale et le développement du lien affectif.

La câlinothérapie recèle de très nombreux atouts bénéfiques pour notre santé selon des études récentes et sérieuses. Il est démontré que les câlins produisent de l’ocytocine, une hormone de l’organisme essentielle à notre bonheur. Cette hormone permet de nous sentir heureux, soutenus, stimule le système immunitaire et soulage la douleur. Elle est également produite lorsque nous faisons un câlin ou une étreinte à nos proches, lorsque nous les prenons dans les bras pendant au moins vingt secondes. Cela procure un sentiment de bien-être, d’apaisement immédiat, de calme et de plénitude. Notre peau et ses récepteurs envoient immédiatement un message de bien-être au cerveau et de sécurité affective. Les câlins ont un pouvoir apaisant et relaxant, et permettent de réduire le stress. En serrant la main, en étreignant, en caressant, nous témoignons de notre sympathie et de notre compréhension, nous rassurons. Cela est essentiel pour notre équilibre émotionnel. Ces moments peuvent être de réelles réparations, de vraies nourritures affectives.

Ce n’est pas seulement hormonal et physiologique. En effet, les câlins nous font du bien car cela nous renvoie à notre petite enfance, où nous étions plus souvent cajolés, pris en charge par nos parents. Ou bien, cela nous renvoie au fait que notre enfance en a cruellement manqué et il reste alors une forme de carence difficile à combler surtout dans une société où le contact reste tabou, où quand on est adulte, cela ne se fait pas de demander un câlin. Et les accolades ne durent en général pas plus de 3 secondes. La câlinothérapie nous invite à réparer ces manques et de nous faire revivre la sécurité du bébé, de l'enfant.

Ces câlins, qui n’ont donc rien de sexuel, favorisent une diminution du stress et améliorent les liens sociaux. On se sent moins seul, puisque dans les bras d’un(e) autre. Les câlins peuvent agir dans une moindre mesure comme un antidépresseur naturel et favoriser l'amélioration de l’immunité, en renforçant nos productions de dopamine, des endorphines et en abaissant l’hormone du stress, le cortisol. Nous sommes alors reconnectés à notre cerveau émotionnel, le plus primaire, et le plus essentiel.

La câlinothérapie ne poursuit aucun but médical : la séance repose sur l’écoute et le toucher. Elle ne pose aucun diagnostic et ne propose aucun traitement.

D’autre part, la câlinothérapie impose des limites qu’il est formellement interdit de franchir. Ainsi aucune séduction à caractère sexuel n’est tolérée, de même que les baisers, la nudité ou les gestes déplacés. La tendresse, la sexualité, la sensualité sont trois espaces différents et le but est justement de réhabiliter la tendresse dans toute sa dimension puisque nous avons aujourd'hui perdu un rapport sain et naturel à la celle ci. Aucune pratique sexuelle n’y est donc associée et j'insiste la dessus. Un câlin dans le cadre de la câlinothérapie, c’est comme prendre un enfant dans ses bras, avec la même innocence et la même capacité à recevoir.

L’idée est de pouvoir recevoir/donner de la tendresse dans des instants où l’on se pose au sol (sur un futon avec des coussins confortables), dans un canapé, assis ou allongés. Je vous entoure de mes bras, immobiles ou en caresses (dos, crane, bras), en silence, musique ou dans l’écoute. Vous pouvez choisir de rester toute la séance dans la même position d'enlacement, ou d’en expérimenter plusieurs. 

Dans tous les cas, la câlinothérapie est un espace où s'exercent le consentement de chacun, le respect des limites personnelles et l'expression libre de son ressenti. Vous pouvez apprendre ou réapprendre à vous affirmer, à dire non, à sentir ce qui dit oui, ce qui dit non dans un cadre sécurisé, exempt de jugement et à renormaliser le toucher pour que celui ci soit plus aisé, naturel dans votre vie quotidienne.

Récits de vie en séance

Voici quelques récits de vécu en séance selon ma perception, mon ressenti et les retours qui m'ont été faits.

Il vient en séance parce que dans son couple, il n'est plus libre de vivre la tendresse sans que sa compagne s'imagine que c'est pour lui sauter dessus, et il vit le rejet. En conséquence, il n'y a plus rien de nourrissant, de simple et de naturel au niveau du contact avec elle. Il est perdu, il se voit comme un monstre, ne sait plus s'il doit adopter la position de sa compagne où tous les hommes sont prédateurs, et donc lui aussi se définir comme un prédateur ou simplement se sentir légitime avec son besoin de contacts affectueux. Tout est compliqué. En séance, il parvient petit à petit à exprimer son besoin, les caresses qui le rassurent, qui le nourrissent. Et c'est la révélation. Révélation que c'est normal d'être dans un espace de tendresse sans sexualité, qu'il n'est pas un monstre, qu'il n'est pas un prédateur. Cela lui permet de retrouver un peu d'estime personnelle, et de s'auto valider dans des besoins essentiels, sains et naturels.

----------------------------------------

Elle n'est plus toute jeune, et elle vient parce que plus personne ne la prend vraiment dans les bras, surtout après "cette histoire de covid". Son mari est décédé, il y a un bout de temps déjà. Elle n'a pas retrouvé l'amour. Elle se sent desséchée de ne plus être touchée, regardée, prise dans les bras, câlinée. Et petit à petit, après quelques séances, elle retrouve un peu sa joie et surtout sa capacité à dire son besoin d'être prise dans les bras à son entourage, d'avoir un contact affectueux. Sa fille l'a d'ailleurs entendue et prise en compte, ce qui a permis de resserrer leur liens. 

----------------------------------------

Elle vient pour vivre une expérience de régression, pour recevoir un contact maternel qu'elle n'a jamais vécu. Elle vient avec son doudou, son pull cocoon tout doux. Contre moi, elle se met à sucer son doudou, comme un bébé. Elle est très libre de s'autoriser à aller vers son ressenti, à simplement recevoir et réécrire son histoire. Elle verbalise comme un enfant, et je lui réponds comme une mère. C'est fluide, joyeux et réparateur.

----------------------------------------

Il vient en séance parce que dès qu'il s'approche d'une fille, c'est tout de suite les grandes émotions, la perte de moyens. Il fait "tout foirer". Au fil et à mesure de la séance, on déconstruit ses croyances, selon lesquelles il n'est pas capable de verbaliser, de savoir ce qui est bon pour lui, d'avoir peur de ressentir, de ressentir trop. Les croyances qui le mettent en stress et qui exacerbent son ressenti, mais au final, il expérimente que tout va bien, que tout est tranquille et qu'il peut vivre ce calme dans ses relations affectives. Qu'il peut dire ce qui est ok pour lui et ce qui ne l'est pas. Qu'il peut dire qu'avec cette fille, tout ce qu'il veut c'est de la tendresse et rien de plus. Il prend conscience qu'il peut s'autoriser à exprimer son besoin, sans perdre sa virilité, sans répondre aux attentes des autres.

----------------------------------------

Elle est mère de famille, et elle passe son temps à donner aux autres. Mais qui lui donne à elle ? Elle n'a pas de bras dans lesquels s'abandonner, se reposer, se restaurer sans se demander ce qu'elle doit donner en retour. Alors elle vient chercher le contact tendre, sans dire un mot, sans analyser, juste recevoir, juste être bercée. Et ça lui fait du bien, cet instant de pause pour elle.

----------------------------------------

Il vient en séance, parce que c'est un habitué des free hugs et que c'est devenu compliqué avec le covid et surtout après. 2 ans après, les gens ne se font plus la bise et ne se prennent plus dans les bras, surtout quand on a un certain age. Il ne vient pas pour se réparer, mais parce qu'il connait son besoin de contact. Il semble aussi avoir besoin de montrer que les hommes comprennent et respectent le droit au consentement. A la fin de la séance, il a l'impression d'avoir comblé quelque chose sans pour autant parvenir à le définir.

----------------------------------------

Elle vient parce qu’elle n’a pas été maternée, qu’elle a été maltraitée, attachée par sa mère. Elle a déjà beaucoup travaillé sur elle, sur les nombreux abus de sa vie. Mais il lui manque quelque chose, une réparation, de l’affection, peut être combler ses carences affectives précoces. Alors on va dans le bercement, le maternage, le contenant bienveillant. Elle ressent une sensation de plein et de connexion à elle-même. Elle fait un lien qu’elle n’a jamais fait : elle a un point intensément douloureux dans le dos où personne ne peut la toucher. Elle conscientise qu’il s’agit du nœud de la camisole dans laquelle ses parents la mettaient et qui faisait un point de contact avec le matelas. Point d’effroi. Elle constate que dans ce calin bienveillant, elle peut être touchée à cet endroit sans ressentir de douleur et d’inconfort. Apaisement d’avoir compris.

----------------------------------------

Elle vient pour se former à la câlinothérapie. Elle est ouverte, joyeuse, enthousiaste. En faisant les exercices de consentement, on se rend compte qu'elle accompagne toujours son positionnement du non avec un rire. Conscience que cette façon de faire, qu'elle retrouve dans sa vie, joue sur la puissance de son non, qui s'en retrouve atténuée. Elle a eu ensuite la sensation de se faire un calin à elle même, elle se sent en sécurité, elle exprime qu'elle s'est autoréconciliée. Aussi puissant pour elle qu'une séance de kinésiologie. Je constate qu'on a parfois une idée de ce qu'on peut vivre et ressentir dans une séance de calinothérapie, mais la réalité dépasse souvent les attentes et apporte des éléments nouveaux.

----------------------------------------

Il vient en séance, parce qu’il est à bout, parce que c’est lui qui porte tout au niveau professionnel et familial avec de nombreuses gestions de conflit. Au début des séances, son corps spasme, il ne sait plus trouver le chemin de l’abandon et du repos. Il lutte contre ses spasmes. Comme s’il voulait reprendre le contrôle et comme s’il ne s’autorisait pas à lâcher. Mais ca lâche au fur et à mesure, on met des mots, on autorise le besoin de son corps de spasmer, on laisse être, on ne continue pas la lutte. Il finit par trouver dans mes bras un lieu ou selon ses dires : « il ne pense plus, un lieu où il s’allège physiquement, c’est comme s’il avait fait une sieste réparatrice ». La calinothérapie comme le massage est un endroit de ressourcement, un endroit où l’on s’autorise à se laisser porter, un endroit où l'on récupère ce qui était perdu, un endroit où l'on réapprend. 

----------------------------------------

Il vient en séance parce qu'il a un handicap moteur cérébral, qu'il n'a pas de petite amie, qu'il n'a aucun contact affectif avec qui que ce soit, parce qu'être touché c'est compliqué pour lui. Son corps manifeste en début de séance beaucoup de tensions, de spasmes, de mouvements incontrôlés, de tremblements. Beaucoup de sourires sur son visage, de joie enfantine, touchante, légère. Et il se détend petit à petit, il apprivoise ce contact étrange dont il n'a pas l'habitude. De mon point de vue, intégrer la normalité du toucher affectif permet de le sortir d'une zone de tabou qui l'interdit, et favorise sa propre légitimité à proposer cela à ses proches et de trouver une autonomie.

----------------------------------------

Il vient en séance parce qu'il s'est engagé dans ma formation en calinothérapie en ligne, et qu'il souhaite expérimenter. Il a déjà beaucoup travaillé sur lui, il est lumineux, il est déjà installé dans un rôle d'accompagnant. Il termine la séance ému de la puissance de la calinothérapie qu'il a selon ses dires sous estimée. Cette séance l'a mis en contact avec le féminin, et en particulier la tendresse, avec le fait de pouvoir le réinvestir pleinement. Des émotions liées à des deuils qu'il pensait avoir terminés surviennent, la magie du corps qui achève les process émotionnels de manière inattendue. 

No Code Website Builder